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Pourquoi WaïoMizik ?

Transcription :

[Ludovic CLAIN]

Je m’appelle Ludovic CLAIN, j’ai fondé WaïoMizik en 2008, ce qui me permet à La Réunion d’aider les familles à retrouver leur identité musicale, et en ligne d’entraîner la future génération de musiciens libres.

Quand j’étais petit, je n’ai pas eu la chance de grandir dans une famille de musiciens comme les Arlanda ou les Pitou, la quasi-totalité de ma culture musicale venait du conservatoire, expérience que je n’ai pas bien vécue car j’avais déjà besoin qu’on réponde à mon “pourquoi ?”, et personne ne s’en souciait ou n’était capable de m’expliquer vraiment.

En grandissant, au lieu d’en faire un chapitre noir de mon existence, j’ai décidé d’en faire une force, et de contribuer à améliorer l’apprentissage musical.

Il y a 70 ans, il n’y avait pratiquement aucune école de musique dans l’île et pourtant les chansons avaient des rimes, avaient une mélodie, avaient de belles harmonies, de beaux accords, avaient du sens et étaient capables de traverser les générations, c’est pour ça que j’ai créé WaïoMizik, pour que chaque famille puisse reprendre possession de ses capacités musicales.

Avant la musique se pratiquait en famille, quand il y avait une communion à célébrer, quand il y avait un mariage à célébrer, ne serait-ce qu’un anniversaire à fêter, chaque famille savait chanter, savait prendre un instrument et sublimer ce moment fort de la saga familiale. Voilà où se situe WaïoMizik, c’est de redonner ce pouvoir musical là aux familles, que la musique redevienne une pratique sociale avant tout.

On a perdu de vue ça, on a perdu de vue en tant que réunionnais que la musique est avant tout un moyen d’exprimer son humanité et dès le moment où chaque famille prendra conscience de ça, tout devient possible, chaque famille pourra chanter, danser, tirer la fatigue d’une journée de travail, avec les moyens les plus sains et simples que nos ancêtres nous ont légués … la musique !

[Bernadette LADAUGE]

“Tu sais les enterrements de musiciens, c’est tous les mois, quelques fois 2 fois, quelques fois 2, 3 jours de suite, c’est tout le temps !

Mais Narmine (Ducap) ça a été un électrochoc, parce qu’on s’attendait pas, on avait des projets ensemble, on devait faire un truc avec Roger Carpin et tout, il était venu à la maison, personne s’attendait, Narmine est parti en 15 jours, tak plouf !

Ça a été … et on s’est dit mais purée ça peut arriver à n’importe lequel, les plus vieux, les plus jeunes, et … qu’est-ce qu’on est en train de perdre là ?

Cette mémoire, ces connaissances et tout ça … qu’est-ce qu’on est en train de perdre là ? Cette mémoire, ces connaissances et tout ça !”